Déclaration de principe
Mis en ligne le 2 août 2008
A entendre certains prophètes financiers, rejoints par quelques chefs d’entreprise ou économistes libéraux, la richesse ne devrait être produite que par les mouvements de capitaux ou des entreprises sans usines ni ouvriers.

Le cours des actions d’une entreprise fléchit lorsqu’elle embauche ou investit ; il s’envole quand elle licencie ou réduit les salaires de ses personnels. La logique financière a pris le pas sur la logique industrielle : une "bonne entreprise " n’étant plus une entreprise veillant à la qualité de sa production et de ses investissements mais une entreprise donnant toujours plus à ses actionnaires.

Le libéralisme économique détruit tout sur son passage

La première révolution industrielle créa une nouvelle condition terrible, sans aucune protection : celle du prolétariat. Cela entraîna une floraison de réflexions, d’analyses, de conceptions et d’organisations de luttes, tout comme l’avait connu le siècle des Lumières avec l’avènement de la bourgeoisie. Cela permit au Mouvement ouvrier et au socialisme de se développer et de représenter un véritable espoir pour les peuples : le progrès social était possible, il fallait seulement s’organiser. S’ensuivit de terribles répressions mais aussi de magnifiques victoires. De là, de multiples avancées.

Où en sommes nous aujourd’hui ?

Ce début de 21ème siècle ressemble à s’y méprendre à une période de contre-réforme : reculs sans précédent des droits existants acquis de hautes luttes, fragilisation des emplois et des parcours professionnels, fin de toute garantie d’avenir pour l’ensemble des salariés : du public ou du privé, ouvrier, agent ou cadre.

Les attaques se répètent de la part des ultra-libéraux : les profits et les salaires des patrons augmentent exponentiellement ; le pouvoir d’achat des salariés baisse ; le cadre social et la solidarité nationale volent en éclat.

Pourtant, la mobilisation des salariés reste limitée. Elle se traduit par une cassure de plus en plus marquée entre le peuple et ses dirigeants, des référendums camouflets contre l’Europe libérale et fédérale, mais ne produit pas de mouvements de grande ampleur.

La principale raison est certainement que, contrairement à la fin du XIXème et durant une grande partie du XXème siècle, la pensée socialiste n’irrigue plus les milieux salariaux, économiques et intellectuels.

Aucun système alternatif ne semble, pour le moment, être opposée au modèle libéral. Les organisations de progrès ne semblent plus en mesure de dispenser une véritable éducation populaire. Pire : l’alternative politique, espérons-le momentanément, a perdu toute crédibilité.

Pourtant, l’Histoire n’est pas finie

L’Amérique, hyperpuissance mondiale hier, phare du libéralisme aujourd’hui, chancelle. Des facteurs endogènes comme la crise des subprimes ou la spéculation financière sont mis en avant pour expliquer ce déclin ; mais il faut également y ajouter des facteurs exogènes comme le décollage du Brésil, de l’Inde et de la Chine, le réveil de la Russie et les bourbiers irakien et afghan.

La zone d’influence géopolitique des Etats-Unis s’amenuise comme le montrent les récentes victoires de la Gauche en Amérique latine. La victoire d’Hugo Chavez au Vénézuéla et l’effet domino qui a suivi dans le reste de l’Amérique latine montrent que le système ultra-libéral n’est pas indéboulonnable : il suffit qu’un peuple décide de prendre sa destinée en main pour s’en affranchir, même si cela ne s’accomplit pas sans résistances (grèves des paysans en Argentine, tentatives de sécession en Bolivie ou au Brésil etc..).

En Europe, les gouvernements s’accordent pour mener une politique ultra-libérale ; de Varsovie à Lisbonne, ils démantèlent le cadre social des salariés. Rien ne semble devoir les faire reculer, à commencer par le déni de la démocratie.

En France, c’est notre modèle social et de solidarité nationale qui est scrupuleusement démantelé. C’est l’héritage de la Révolution Française, de la Commune, du Front populaire, du Comité national de la Résistance et du Programme commun que l’on saccage.

Face à cette logique, Résistance Sociale entend agir pour un autre avenir : celui de la construction d’une république sociale dans le droit fil de la pensée de Jean Jaurès pour qui « le socialisme, c’est la république accomplie ».

Cette république sociale est aujourd’hui, à notre avis, la seule qui puisse permettre de tisser un fil entre l’histoire du mouvement ouvrier, celle du socialisme et de l’internationalisme.

Pour y parvenir, Résistance Sociale souhaite offrir un cadre, hors des rivalités politiques et syndicales, aux militants syndicaux, politiques et associatifs pour se rencontrer et échanger.

Il est en effet impératif de faire avancer les convergences. Elles sont nécessaires à la mise en oeuvre, ici et maintenant, d’une véritable résistance sociale et au dessin des contours de ce qui pourrait être une alternative au système capitaliste.

Informer, former, favoriser le débat, la diffusion de l’information et la perception commune des enjeux d’aujourd’hui et de demain, c’est l’urgence pour permettre de recréer un véritable rapport de forces et reconstruire l’avenir.